Ce que j'ai appris en créant mon entreprise - la série - épisode 1

Je vais démarrer une série sur les apprentissages que j'ai pu faire ces derniers mois depuis la création de CérénIT. Outre l'objectivation des faits qui me sont utiles, j'espère que cela sera également utile pour d'autres personnes. Il va y avoir des enseignements assez classiques et des choses plus personnelles. J'aborderai un maximum de 3 sujets par billets pour ne pas faire trop long.

Contexte

J'ai créé mon entreprise après une quinzaine d'années de salariat. Au départ, cela se voulait temporaire (quelques mois, < 6) le temps d'en rejoindre une autre qui était en cours de levée de fonds, pour facturer diverses prestations annexes à mon ancien travail et facturer de nouvelles prestations car il faut bien vivre :-)

D'un point de vue personnel, je suis marié, j'ai 2 enfants (7 & 10 ans) et une maison avec un prêt.

Forme juridique : de l'auto-entreprise à la SASU.

Au début, par simplicité et pensant que la solution était transitoire, j'ai créé une auto-entreprise. C'est simple et rapide au niveau des démarches, ça coute pas grand chose aux niveau des frais et globalement, comme j'étais encore salarié au moment de sa création, je bénéficiais encore du régime général pour la santé et du reste.

Des points que beaucoup de gens oublient ou auxquels ils ne font pas attention (moi le premier parfois) :

  • Le chiffre d'affaire autorisé, 32K€ (arrondi par simplicité), est annualisé. Tout le monde regarde le montant alors que l'information importante est "annualisé". Si vous commencez votre activité en Juillet, alors le plafond de chiffre d'affaires pour les 6 mois de l'année restant est de 16 k€ ! Pas question de faire 32K€ en 3 mois par ex, dans ce cas, l'URSAFF & co vont considérer que vous auriez fait 32*4=128K€ de chiffre d'affaires sur une année complète. Même si les mécanismes de dépassement et de requalification d'AE en entreprise individuel ont été un peu assouplis (tolérance de dépassement sur 2 ans de mémoire, et pas de rétroactivité des charges sur l'année en cours), prenez bien en compte ce seuil et son effet prorata temporis.
  • De toutes les façons, si vous dépasser les 32K€, vous dépassez également le seuil à partir duquel la TVA va être exigée.
  • Le régime d'AE n'est rentable que pour des métiers avec des faibles charges. En effet, les cotisations et les impôts sont assises sur le chiffre d'affaires. Si vous avez beaucoup de charges, votre résultat (chiffre d'affaires - charges) peut être faible et dès lors vos cotisations peuvent être supérieures à votre résultat. Si vous avez beaucoup de charges, il vaut peut être mieux envisager un régime où vos cotisations sont assises sur votre résultat plutôt.

Fin 2016, sur la base de mes chiffres de 2016 et sur mes projections pour 2017, j'ai vu que je dépasserai rapidement les seuils pour le TJM et la volumétrie de jours facturés que j'escomptais. Il m'a fallu alors voir pour une "vraie" société et définir le statut le plus adapté. Mes principaux critères étaient alors :

  • Pensant l'existence de cette entité courte du fait que je rejoindrais l'autre entreprise, je voulais avoir un régime un peu similaire à celle de l'AE où tu payes tes cotisations au fur et à mesure et pas 18 mois après dans le cadre d'une régularisation.
  • Je voulais protéger ma famille et mes biens au cas où cela ne fonctionnerait pas
  • Je voulais éviter le RSI dans la mesure du possible
  • Je voulais limiter dans la mesure du possible une structure générant trop de charges fixes. Dans le cas où je rejoindrai l'entreprise en question, il était prévu que je garde mon entreprise pour des petits projets. Je voulais donc pouvoir facturer quelque chose sans que tout parte en charges diverses pour n'avoir quasi rien au final.

Au delà des renseignements trouvés sur internet, j'ai surtout assister à un atelier sur les impacts juridiques et sociaux des différentes formes juridiques d'entreprise. Cela m'a permis de démistifier un peu les formes juridiques, d'en découvrir de nouvelles, de découvrir le statut de travailleur non salariés, les régimes fiscaux et sociaux de chaque forme, etc. Pour autant, toutes les implications n'étaient pas totalement claires pour moi. J'ai alors rencontré un premier comptable dans l'optique d'avoir son avis sur la forme juridique et sur le coût d'un comptable pour une entreprise comme la mienne. Même si les comptables ne sont pas des juristes ou spécialistes en statut d'entreprise, il est possible de leur confier ce travail sous réserve de leur donner la comptabilité de votre entreprise. Ce service de conseil est autorisé par l'ordre tant qu'il est vu comme une activité annexe de leur service comptable. Sa réponse ne m'a pas plu (moi je ne fais que des entreprises de type XXX, c'est plus simple), je suis allé en contacter un second comptable dont je suis très satisfait. Après une première prise de contact et un questionnaire de 60 questions, il a été en mesure de me conseiller sur la meilleure forme de société à adopter, répondre à mes différentes questions. Nous avons ainsi défini les services auxquels je souhaitai souscrire et une fois la contractualisation passée et la présentation des outils à utiliser pour mon suivi commercial et comptable, cela roule tout seul et en toute confiance depuis. Mine de rien, c'est très important vu que pendant ce temps là, je peux me consacrer à mon activité tout en sachant que la partie comptable et sociale (bulletin de salaires, cotisations, etc) sont sous contrôle. Il m'a également fourni un modèle de statuts pour la création de l'entreprise et la relecture nécessaire pour éviter des erreurs de débutant pouvant entraîner des frais supplémentaires lorsqu'il faut corriger les statuts en question.

Au final, j'ai donc choisi une SASU qui répond aux différents critères énoncés plus hauts :

  • J'échappe au RSI et mieux, je reste au régime général (je suis dirigeant salarié de ma SASU). Ayant déjà 15 ans d'ancienneté à ce régime, il était plus intéressant pour moi d'y rester même si je paye un peu plus de côtisations en contre partie,
  • Ayant une vrai entité morale avec un capital social, ma responsabilité est limitée à ce capital. Mes biens et ma famille sont protégés.
  • Je peux déclarer mes charges et ma TVA dès le début, je n'ai pas à attendre une régularisation dans 18 mois.
  • Si en fin d'année je laisse des fonds dans l'entreprise, je ne paierai pas d'impôts dessus contrairement à une entreprise individuelle mais seulement sur les revenus effectivement versés. L'entreprise paiera éventuellement l'impôt sur les sociétés en fonction du résultat final en contre-partie.
  • Seule ombre au tableau : une entité morale demande une comptabilité d'engagement (partie double, plus d'écritures, etc) qui est plus complexe qu'une comptabilité de trésorerie (simple différence produits - charges, comme votre compte en banque personnel quoi) et donc occasionne des frais de comptable un peu plus important. Au quotidien, je ne vois pas cette complexité d'un point de vue opérationnel.

La banque

Autant pour des AE ou des entreprises individuelles, il vous suffit d'un compte "pro" dans n'importe quelle banque, y compris une banque en ligne. Pour une entreprise morale (SASU, SAS, SA, etc), il vous faut un compte dans une banque avec des établissements physiques. Ce serait essentiellement dû pour la déclaration de dépôt du capital pour les parts sociales.

Un conseil simple : faites le tour des banques, comparer les tarifs et ne visez pas forcément les plus grosses afin d'être sûr d'avoir un conseiller qui pourra vous porter attention et qui pourra être décisionnaire. Si vos besoins de fonds sont limités, pas besoin d'avoir une "grosse" banque !

En résumé pour ce premier billet :

  • Bien choisir sa forme juridique d'entreprise en fonction de votre histoire, de vos critères et votre activité ; l'AE n'est pas forcément la panacée.
  • Bien choisir son comptable pour éviter tout oubli ou toute erreur à l'initialisation de l'entreprise et vous permettre de vous concentrer sur votre activité au quotidien, tout en ayant un suivi mensuel de votre activité. Cela a certes un coût mais il faut choisir ses batailles.
  • Bien choisir sa banque : au-delà du coût des services, c'est la disponibilité et la capacité à vous accompagner du banquier qu'il faut pouvoir évaluer.

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