20 May 2014, 21:49

dotscale 2014

Hier, comme l'année dernière, j'étais à dotscale mais contrairement à l'année dernière, mon avis est très mitigé et je vais tenter d'expliquer ci-après pourquoi. Cela me rassure d'ailleurs de ne pas être le seul présent en 2013 à être mitigé sur la version 2014.

Pour ceux qui veulent un compte-rendu factuel, voir par ex ce billet.

Sur les conférences qui ne passent pas :

  • Matthew Ahrens : Que le co-créateur de ZFS et créateur d'OpenZFS n'ai rien d'autre à raconter qu'une pale histoire du projet ; On ne va pas à ce genre de conférence pour avoir une reformulation du site ou de la doc.
  • Faidon Liambotis : Que le responsable principale de la plateforme d'hébergement de Wikimedia ne fasse qu'une présentation de son infrastructure. Idem, c'est pas ce qui est attendu.il faut raconter une histoire / un retour d'expérience autour
  • Jeff Lindsay : Que l'auteur de Flynn soit inaudible à trop parler de sa voix fluette et dans sa barbe ; plus un problème de fond que de forme mais au final, je n'ai pas compris ce que pouvait faire son produit.
  • Mitchell Hashimoto : Que l'auteur de Packer, Vagrant, Serf ne fasse que présenter son dernier produit : Consul

Dans ces quatre cas, c'est dommage car je suis sur que ces gens ont des choses à raconter / partager ou qu'en tous cas, ils auraient pu/du le présenter différemment : histoire, retour d'expérience, cas d'usage, etc.

Sur les conférences qui passent sans plus :

  • Alison Gianotto : une séance qui se tient sur la sensibilisation en terme de sécurité et l'évolution exponentielle des attaques. Rien de neuf dans l'absolu pour moi mais plutôt bien présenté.

Sur les conférences qui passent (par ordre croissant) :

  • Jean-Michel Lemieux : la conf pourrait être dans la catégorie ci-dessus ; toutefois, il y a qqs points que je retiens :
    • Rappel de l'existence de la méthode de prétotyping pour valider que l'on va développer le bon produit avant de faire la moindre ligne de code.
    • Pour développer un produit, il vous faut une plateforme. Reste à voir si ensuite votre produit ne peut pas devenir une plateforme pour d'autres usages et d'autres développeurs.
    • Réflexion (utopie ?) sur le fait que tous nos enfants seront développeurs ; à voir si notre éducation nationale suit...
  • Paul Mockapetris : si je craignais que l'inventeur du DNS ne fasse un flop, j'ai été agréablement surpris avec une histoire qui tient la route et surtout la présentation des enjeux liés au DNS
  • Fabien Potencier : si on traine dans l'univers PHP/Symfony, on a déjà eu le droit plus ou moins à certains extraits (pour certains, cela m'a rappelé sa présentation de Symfony 0.4 ou 0.6 à une réunion technique chez Clever Age, il y a maintenant une petite dizaine d'années...). Au moins, il y a un avis tranché sur la question de PHP en tant que langage et en tant que plateforme. Il insiste tant sur les bons cotés que les mauvais et les progrès qui ont pu être fait. Il nous a ensuite dressé les lignes du serveur d'application PHP (cf PHP-PM ou le projet de Fabien en Go)
  • Laurence Moroney : un retour d'expérience sur l'optimisation d'une infrastructure pour être en mesure de gérer une quizz avec une question toutes les 10mn mais dont le traffic passe de 0 à 700.000 utilisateurs en qqs secondes.
    • Il nous montre une technique intéressante de "sharding" sur des clés afin de ne faire que des écritures et jamais d'update. Il ne dit pas par contre le temps et l'effort de consolidation/restitution a posteriori.
    • De la nécessité de bien voir les quelques critères / indicateurs nécessaires pour se focaliser dessus. Il faut savoir remettre en cause la demande du client pour faire concilier contraintes fonctionnelles et techniques afin d'avoir les données réellement utiles et dans le temps imparti.
  • Thomas S. Hatch : il nous présente les "principes philosophiques" à l'origine de Salt et des enseignements/principes liés à la gestion de la configuration (configuration management)
  • Robert Kennedy : il a participé à la stabilisation de la plateforme healthcare.gov, portail des utilisateurs dans le cadre du Obamacare et nous fait part de plusieurs expériences dans le cadre de ce projet :
    • Mise en avant des défaillances des organisations silotées mais aussi où chaque contractant est responsable de sa zone. Au final, personne n'est responsable globalement du fonctionnement du site et personne n'est incité à faire plus que sa partie.
    • Mise en avant de la culture punissant l'échec/la faute. Un incident causé par un DBA a duré plusieurs heures ; le DBA conscient ou pas de sa faute n'a rien dit. Au final, il a été identifié et viré. Robert compart avec son expérience chez Google où il aurait tout de suite communiquer sur son erreur et trouver de l'aide pour la corriger. De l'importance d'avoir un environnement qui vous épaule et vous permet de corriger les erreurs plutôt que de sanctionner négativement.
    • Mise en avant de l'absence de réflexion quant à la plateforme de production conduisant à des SPOF ou bien à des mythes (si on met du Oracle, aucun problème)

En synthèse : surement une attente excessive de ma part suite à la version 2013. Pour 2014, j'ai du mal à en sortir des fils conducteurs (en dehors de l'omniprésence de Docker) et des conférenciers moins intéressant qui font que je ressors avec un avis très mitigé. Cela me rappelle un peu dotJS où j'étais aussi resté sur ma faim.

Sur les à cotés :

  • L'initiative Hacker Pledge fait sourire ; si j'y souscris globalement, à voir quels effets réels vont en sortir ; on pourra me retourner que cela ne tient qu'à moi d'en parler dans ma boite et c'est pas faux...
  • DotJobs.io, la job board des entreprises remplissant le Hacker Pledge
  • Le dotScale prize, décerné à Docker ; une bonne initiative.
  • De bonnes discussions avec les habitués des dotConferences, de nouvelles rencontres, des rencontres où l'on met enfin une tête derrière un compte twitter et même des retrouvailles improbables.

Sur l'organisation :

  • Le lieu est bien, voir très bien
  • La nourriture aussi (trop pour le coup ?)
  • Pas d'avis sur les stands partenaires n'y trouvant pas d'intérêt.