Entreprise 2.0, Entreprise libérée, Transformation digitale ne sont rien d'autre que l'application des principes/effets de l'open source au reste du monde

J'ai eu un long échange téléphonique il y a peu avec un recruteur pour un éventuel poste dans une société accompagnant ses clients dans leur transformation digitale et elle-même évangélisant, voir se revendiquant comme appliquant un certain nombre des principes liés à ces mutations. D'ailleurs on peut se demander pourquoi ce genre d'entreprise fait appel à des recruteurs traditionnels vu qu'elle devrait naturellement attirer du monde, mais ce n'est pas l'objet de ce billet.

Au cours de cet échange, nous avons parlé de transformation digitale, lean startup, entreprise libérée et bien d'autres buzzword du moment, S'il est vrai que j'aime assez peu ces buzzword (même si je peu adhérer à des idées / valeurs sous-jacentes). En effet, ils sont souvent dévoyés et au final, les entreprises adoptent surtout des postures sans que la transformation culturelle ne se fasse. Ces entreprises n'ont alors que la façade "nous sommes agiles / devops / entreprise libérée / des champions du digital / <autre buzzword du moment>" mais au quotidien, rien ou presque n'a changé.

Pour revenir au titre du billet et si on regarde plus attentivement les principes et/ou effets de l'open-source, on peut lister notamment (liste non exhaustive) :

  1. La désintermédiation : l'open source a permis à tout un chacun d'apporter son bout de code et de casser le modèle du logiciel propriétaire. Il n'est plus nécessaire d'être un gros éditeur pour que son code/logiciel soit utilisé.
  2. La gratuité : même si la gratuité n'est pas obligatoire dans l'open source, c'est la majorité des cas. Pour un coût faible ou nul, vous disposez d'un logiciel pour en faire ce dont vous avez besoin.
  3. la fin des hiérarchies : le modèle communautaire a applati les hierarchies d'un projet. Même s'il reste des rôles de commiters, ils sont limités et globalement tout le monde peut dire son opinion.
  4. Méritocratie et expertiste plutôt que le management : conséquence du point précédent notamment, la communauté étant ouverte, on obtient ces lettres de noblesses en faisant ses preuves plutôt que par son titre
  5. Approche communautaire/plateforme : chacun apporte et contribue selon son besoin
  6. Transparence : tout est ouvert

Si nous prenons nos sujets du moment :

  • Entreprise 2.0 (ie collaboraiton en entreprise) : reprend les points 1, 3, 4 voire 6 en favorisant la connection directe entre les employés, valorisant le partage d'expérience/expertise et contournant le manager (souvent).
  • Entreprise libérée : reprend les points 1, 3, 4 et 6 : des hiérarchies plus plates, les "sachants" contribuent aux décisions, les décisions sont partagées, etc.
  • Transformation digitale: reprend l'ensemble des points 1 à 5 : désintermédiation, faible cout de transaction pour les utilisateurs finaux, les petits prennent le pas sur les gros, approche plateforme/communautaire, élimination des barrières à l'entrée, etc.

On peut je pense faire pareil pour les Civictech ou encore la blockchain et surement encore d'autres mouvements en cours pour une tendance plus globale en fait d'un "Opensource everything"(tm)(c)(r).

Après, pour être honnête, il y a des principes / effets de l'opensource qui ne sont pas (encore ?) repris comme l'interopérabilité (au mieux, on pourrait retenir la notion d'API mais cela reste des silos fermés globalement), la perpétuité (cela reste des entreprises...) ou encore la sécurité (valable pour la blockchain par ex mais pas ou peu pour le reste).

Si je ne nie pas ces tendances/transformations, j'ai l'impression que l'origine est plus vieille que ce que l'on veut bien nous faire croire et que l'open source peut expliquer une bonne partie de ces tendances appliqués à d'autres domaines...

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